6/19/2008
6/17/2008
6/16/2008
6/15/2008
Le noeud et le heurt

6/10/2008
6/08/2008
Lignes de sel
Le dos grand longeant maisons et cul-de-sac
J’ai le chat noir en moi toutes griffes dehors
Le chat traînant malheur et pattes rouges
Ce que je croise, ce que je vois
Ce sont des chiens que je veux dévorer
Je hais tout, j’engueule tout, effrontée
Dans ma gueule, j’ai la faim du loup
Sur ma langue le gras des os à décharner
Les vitres luisantes et le journal humide :
« Il fera triste demain »
Des profondeurs faire grogner la terre
Faire souffler la mer et sa houle bleue
J’ai le flanc rempli de vide, le flanc salé
Je ne prétends vivre, je vis de mètres
Et de mètres de rage balayante
L’âme glissante, l’âme tremblante
L’âme blanche, l’âme rocailleuse
Le dos agité de poils monstrueux
Aux visages de serpents grogneurs
Lorgnant ce ciré jaune abandonné
Cette pendule au tic-tac de morue
Je n’aime pas la mer, j’aime seulement
Ses combats contre les coques fragiles
Mes râles qui grondent et lèchent le ciel
Je suis chat marin c’est ma septième vie
Et j’ai l’idée au ventre de dépasser l’homme
La voix est une buée
Carabines du lundi, du mardi,
Du mercredi, du jeudi, du vendredi,
Les jours explosent ; ils gardent leurs noms
Pas le samedi, pas le dimanche
Cracher le courant électrique
Par la bouche, par les tripes
Mettre de l’éclat aux yeux
La voix est une buée
Elle s’efface du revers de la manche
Plus pâle chaque fois
Risée communicante
Les mots cache-cache, les gestes brouillards,
La vie d’acier,
Froide et monotone, sans arrêt,
La femme n'y respire plus
L’horizon dégagé, l'horizon gris
Écrire sans chemin parallèle
C’est facile d’aligner les clichés
Le jardin détruit, comme un condamné à mort
La répétition du tambourinement,
Une escorte trop chèrement payée
Elle n’est pas douce, elle n’est pas belle,
Elle n’est pas vraie, elle entraîne.
Les sourires secs, touchant le fond
Le pathétisme de la parole
L’afflux, l’afflux, l’afflux
Tout va bien, mais tout ne va pas si bien
Pour sauver le corps : le deuil du visage
La voix humide (inondée)
La voix vitreuse (translucide)
La voix est une buée
5/25/2008
5/23/2008
Trafic
5/19/2008
5/18/2008
Sauvage
Sur la butte, ne pose pas tes pièges
Les noisetiers ne doivent pas crier
Ils s'élancent et dansent le soir venu
Pieds lestes aux yeux (fabulations)
Comme une renaissance
C'est un secret, c'est une folie
Les noisetiers poussent mieux la nuit
Le jour, ils sont sauvages
Ils mordent et bruissent, ils sont terribles
Ils souffrent d'être dociles
Sur la butte, ne pose pas tes pièges
Voit plutôt la plaine et ses bouleaux
ses érables et son chêne toujours aimé
Au bois chaud, au bois tendre
Et son soleil rouge sans une ombre
5/15/2008
Le jour puis chaque jour encore le jour
Comme il s’absentait autour de toi
par nombre, je comptai les pas
je marchai les yeux pris, je maudis le sol,
je m’imaginai au silence de glèbe
elle bruissait mon horreur, ma terreur
d'être sourde à la vie
j'appelai les pieds martelant
la volonté d’effacer les images
dépourvues de toi, intenables
nos peaux écorchées par l'écholalie de la mort
Il volait dans ma pupille, le croassement du vent
tu ne me répondis pas, tu ne m’entendis pas
tu ne sentis point mon cœur étréci
dont les larmes ne coulèrent
plus parentes, jamais
je comptai le temps, je tirai mon corps anémié
le chemin croissant encore
pourquoi craignais-je d'aller
sans milieu
pourquoi craignais-je d'avancer
Ô dans ma gorge, un cyclone de sable
5/14/2008
5/12/2008
Ce n'est rien que du vide
5/10/2008
5/04/2008
4/13/2008
Souffle (Nouvelle-France)
Nos mains seules sentinelles éperdues
Quand les phrases deviennent molles
Un ventre lâche concentre l’instant
Nous nous abandonnons
J’ai les yeux percés de te sacrifier au temps
S’étalent silence et lèvres cloîtrées
Je fais mes premiers pas sans toi
La ville est anglaise to the right and to the left
De te perdre, ma bouche réduite à ne plus parler
Ma tête prie des dieux avariés
Ils ont l’odeur gâchée des absents enterrés
De te perdre, ma bouche goûte la mort
La ville brûle de me porter she burns everyday
Loin de toi, m’entends-tu brûler ?
Tes mains seules rétablissent ma langue
Ramène tes pas que je te prie un peu
De ma bouche, de mes mains, de ma foi
Toutes à toi, toutes à toi
Mes souffles soutiennent que ton corps est un fuseau
Où je vis debout, où le feu n'atteint rien
Où nos souffles d'eau ruissellent bouche-à-bouche
En langue française.
4/06/2008
Bouge tant
Bouge beau ce qui tant origine tant
Puisque des casques glauques hormis
Les souffles casuels
M’immobilisent noire crinière noir air
C’est ce qui agonise avachi
Agonise et vestiges
Ces voies d’antan démolies
Que suis-je eau trop tôt
Que suis-je dénaturée au temps
Bouge beau ce qui dure
De mes abîmes liminaires
Je suis née au monde
Au monde qui ne veut pas
Car de lui je n’emprunte rien
Tout je remets au monde
Bouge beau ce qui bigarre
Même la mort qui prend
Que suis-je lourde de plomb
Que suis-je frêle d’éclatement
Ce qui origine beau s’assèche tant
Bouge
3/06/2008
La vie souffle
Ma vie à l’aube sculpturale à l’aurore maussade
Aux pointes instables de pousses et d’avalanches
À l’aplomb d’un mauvais équilibriste
Ma vie aux allures enfouies de cadavres trop tôt partis
Ma vie retenue et mes largeurs d’esprit tournées
Vers les étoiles
De peur de les donner
Aux mauvaises mains, les offrir et les perdre
Les souiller pour toujours
À l’hiver tout autour qui n’existe pas au-dedans
Ma vie de révoltes et d’attendrissements
À la dilection de l’Homme
À la révulsion de l’Homme
Ma vie de canons éteints de canons prêts à charger
Et de champs de bataille blancs
Blancs de chaux
Ma vie pyxide, sèche et dure, pieuse et tendre
Où les coquelicots poussent jaunes et scintillent
Sur la nouvelle neige
Ma vie en corolles peintes sur les arbres morts
Aux branches bourgeonnantes de renaissance
Aux poussières d’or
Aux nervures brasillantes
Ma vie en boutures et ses grenailles hésitantes
Ma vie au bûcher de l’espoir
Où fondent les terreurs arides qui me tiennent
Debout les soirs, endormie les jours
Ma vie au ciel marine son air salin piquant les yeux
Ma vie non affranchie
Ma vie et ses chaînes diaphanes
Ma vie n’est pas ma vie
Ma vie n'est pas ma vie
1/27/2008
La Fièvre
Mais Toi, que chantais-tu
Sur la ville gémissante
Au jour précis où j’écoutais l’orage
M’arrachant la peine avec les doigts
Trop pensés, ces images et l’univers minimal
Pupilles crasseuses au fond des paumes
Contre les murs percés d’étoiles
Longtemps après la foudre
Le regard égaré de voir qu’il s’égare
En mon sein noir, je bus le hâle du feu
Je criai qu’il faisait soleil cette nuit
Brûlée vive, je pensais à toi
Je délirais à tes litanies toute nue
Mes joies solaires nées
De tes secousses mouvantes
Cette marée chaude
Où je devins sèche à éclater
La Fièvre et sa rivière brasillante
1/10/2008
Cosmia
Comment vouté-je
Comment brillé-je
Pour l’éclat fou
D’une planète halo
Orbitant ton nom
La Lyre aux yeux
La Flèche au cœur
Je goûte en quartiers
La plaine imaginaire
À l'infini, découvre
Nouvelles lumières
Australes et boréales
Sous le plein soleil
Notre astérisme né
Bien chaud, bien quiet
Au cocon du ciel
Nous sommes des figures
Des figures d’équinoxes
Égaux dans nos courses
Combles de printemps
Complets d’hivers
Comment comptons-nous
Comment vivons-nous
Nous ne quantifions
Toutes les comètes
Fileuses d’amour
Ta présence si fulgurante
Que j’en fabrique un monde









